Les Cathédrales

Quimper

Cathédrale : Saint-Corentin Maire :
Département : Finistère Diocèse : Diocèse de Quimper et du Léon
Région : Bretagne Evêque : Jean-Marie LE VERT
Protection : Monument historique, Ville d'art et d'histoire Statut : Cathédrale, siège de l'évêché
Propriétaire : Etat
Lien : Site internet
Vidéos / reportage sur la cathédrale
Adhérent : Oui
   

Particularité architecturale

"La première pierre de la façade est posée en 1424. Le chantier va durer une trentaine d’années. Cette façade qui découle de la tradition française des deux tours, intègre néanmoins l’influence anglaise avec la présence de deux baies en plein cintre sous un pignon triangulaire. Le jeu décoratif et la prolifération des lignes verticales sont complétés par les nombreux pinacles qui ornent les contreforts. Trois portails complètent cette façade : le portail ouest entre les deux tours, le portail Sainte-Catherine au sud et le porche des baptêmes au nord. Si la plupart des statues de saints ont disparu, subsiste par contre un armorial très important qui rappelle la présence ducale : hermines, lion des Montfort, blason de la duchesse Jeanne de France, armoiries des barons de la Cornouaille avec heaumes et cimiers. Au 15ème siècle, l’ensemble de ce décor sculpté était peint. Une des principales inconnues de la construction de la cathédrale, concerne la différence d’orientation entre le choeur et la nef. Plusieurs hypothèses ont été émises. La première est d’ordre symbolique: le choeur suivrait l’inclinaison de la tête du Christ sur la croix, une autre y verrait des difficultés rencontrées au cours des travaux à cause de la nature des sols et des fondations de la cathédrale romane, ou plus simplement la présence de l’Odet et de la marée."

"Détail" historique

"C’est en 1239 que l’évêque Raynaud décide de construire la cathédrale actuelle en s’appuyant sur les fondations d’une ancienne cathédrale romane. Le plan traduit l’influence des grands chantiers de l’Ile de France. Il comporte un choeur avec un déambulatoire et des chapelles latérales. La mise en oeuvre de ce programme a du rencontrer certaines difficultés car les voûtes ne sont achevées qu’en 1410. En 1424 l’évêque Bertrand de Rosmadec entreprend la construction des deux tours de la façade, puis de la nef et des deux bas côtés dans le prolongement du choeur. Là encore, les travaux s’étendent sur tout le siècle et s’achèvent par le chaulage des voûtes et la pose des verrières. Des problèmes financiers et la qualité du terrain ont sans doute provoqué l’arrêt du chantier qui ne sera repris qu’au 19ème siècle. En 1793 la cathédrale est mise à sac. Disparaissent alors les marques du pouvoir ducal, notamment les blasons qui ornaient les portails, le mobilier, les monuments funéraires et tous les vitraux des fenêtres basses. A partir des années 1850, l’architecte quimpérois Joseph Bigot entreprend la restauration de l’édifice. Sa réalisation la plus spectaculaire reste l’achèvement des deux tours avec la construction des flèches entre 1854 et 1856. A l’intérieur, le décor des chapelles est repris dans sa totalité avec la commande de nouveaux vitraux, la réalisation de peintures murales par le peintre Yan’ Dargent et la mise en place d’un nouveau mobilier. De 1989 à 1993, les voûtes du choeur qui présentent des fissures assez importantes sont stabilisées. Au cours de cette campagne le nettoyage des parements intérieurs met à jour des traces de polychromie ancienne. Leur restitution est alors proposée. Dans le même temps on entreprend la restauration des vitraux et du mobilier. En 1995 la restauration de la nef est engagée. Des sondages préalables ont révélé plusieurs couches de badigeons. Le plus ancien, peint à frais sur l’enduit, est de couleur ocre rouge avec un faux appareil blanc. Sa restauration est une véritable révélation de l’aspect d’une cathédrale à la fin du 15ème siècle."

Patrimoine mobilier remarquable :

"Maître-autel Conçu par l’architecte Emile Boeswilwald, le maître-autel a été présenté à l’exposition universelle de 1867 avant d’être offert à la ville de Quimper par Napoléon III. Réalisé en bronze doré, il est orné de colonnettes, de ceps de vigne et de grappes de raisin. Il est surmonté d’un dais en bois doré orné de quatre anges portant les instruments de la Passion. Frise du triforium Cette frise qui orne le triforium (galerie ajourée au dessus des arcades) traduit, comme le passage derrière les colonnettes au niveau des vitraux, l’influence de la Normandie à l’époque de la construction du choeur. On y observe des motifs de fleurs, des formes géométriques et un personnage coiffé d’une mitre, évoquant l’évêque, qui pourrait marquer l’emplacement du siège épiscopal. Les vitraux Les verrières des fenêtres hautes du choeur furent mises en place de 1417 à 1419. Elles sont l’oeuvre de plusieurs ateliers, mais témoignent d’un programme cohérent. Au nord sont représentés des donateurs ecclésiastiques, au sud des donateurs laïques. Chaque personnage est figuré sous un dais d’architecture gothique. Celles de la nef reprennent pratiquement le même programme, mais le style a évolué vers des personnages de taille plus importante et des couleurs plus chaudes. Suivant la sensibilité de l époque, elles traduisent un plus grand souci de réalisme, notamment dans le traitement des tissus. Elles ont été posées dans le dernier tiers du 15ème siècle. Vitrail de Jean V duc de Bretagne Les trois fenêtres au dessus de l’autel, la Passion entre le duc Jean V et la duchesse Jeanne de France, et toutes les parties hautes qui figuraient des blasons, ont été refaites au 19ème siècle par le verrier Lusson, restaurateur de la Sainte-Chapelle à Paris. Elles sont consacrées à la famille de Montfort, héritière du duché au 15ème siècle. Sous des dais d’architecture, sont représentés dans la verrière de gauche, François de Bretagne, présenté par Saint-François d’Assise, Jean V duc de Bretagne présenté par Saint-Jean et Saint-Corentin patron de la cathédrale. Dans le réseau un ange porte les armes de la Bretagne. La verrière de droite, de même origine, est consacrée à la duchesse Jeanne de France, fille du roi de France, Charles VI. Les tombeaux Les tombeaux rappellent le rôle funéraire de la cathédrale. En plus de la symbolique religieuse la dimension sociale se traduisait par l’érection de monuments funéraires. A l’époque gothique, la plupart comportaient une simple dalle, qui pavait le sol, ou suivant la qualité du défunt, un gisant en haut-relief sur un socle. Pendant la Révolution, les tombeaux furent profanés et détruits. Ceux qui subsistent aujourd’hui sont soit des restaurations : gisant de Bertrand de Rosmadec (1445), gisant de Geoffroy le Marhec (1383), soit des créations du 19ème siècle : gisant de Mgr. Sergent (1881). La chaire à prêcher A l’entrée de la nef, adossée au premier pilier, du côté sud, la chaire à prêcher est un des créations caractéristiques du mobilier de la contre-réforme Elle est en bois sculpté, peint et doré. On en connaît des exemples similaires en Basse Bretagne, à l’époque de Louis XIV, à Guimiliau et à Locronan. Elle fut commandée en 1679. Sur les parois de la cuve et de la rampe d’escalier, huit panneaux sont consacrés à la vie de saint Corentin. L’orgue L’orgue situé sur la tribune au revers de la façade ouest est dû au facteur anglais Robert Dallam. Il date pour ses parties les plus anciennes de 1643. Les Dallam père et fils réfugiés en France à l’époque De Cromwell sont les auteurs de nombreux instruments en Bretagne dont celui de l’église Saint-Guinal à Ergué-Gabéric (Thomas Dallam 1680). En 1848, Aristide Cavaillé-Coll modifie l’instrument initial en l’adaptant au goût de son époque. En 1995, l’orgue est entièrement démonté pour une totale réfection et un retour à la traction mécanique. Le positif qui avait disparu a été réinstallé."

Travaux d'entretien / de restauration :

"Vers 1830, des démarches sont entreprises dans toute la France pour redonner aux cathédrales leur environnement originel. Les premiers travaux entrepris à Quimper, par l'architecte Joseph Bigot, portent sur l'assainissement des abords, la suppression des restaurations antérieures et des boutiques adossées aux élévations nord et ouest. Elevées par les chanoines au cours des siècles, ces dernières sont devenues la propriété de privés depuis la Révolution, tout comme l'ossuaire du XVIe siècle. Les expropriations, menées de 1837 à 1860, ont été suivies de la démolition de toutes ces constructions, ossuaire compris. Entre-temps, poussé par le préfet Boullé et l'évêque Graveran qui veulent donner au monument une aura qu'il n'a encore jamais connue, Bigot se voit confier l'achèvement des tours de la cathédrale, commencées en 1424. L'Etat refusant de participer au projet, une souscription lancée par l'évêque auprès de ses fidèles, le ""sou de saint Corentin"" (prévoyant le versement d'un sou par personne pendant cinq ans) permet de financer le projet, faisant de cet événement un acte de christianisation en même temps que la preuve de l'unité d'une population face aux excès de la centralisation. Bigot s'inspire ici de deux clochers de Basse-Bretagne, le Creisker à Saint-Pol-de-Léon et celui de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Le chantier, terminé en août 1856, est salué par Napoléon III lors de son voyage en Bretagne en 1858. La même année, l'érection de la statue du Roi Gradlon, entre les tours, renforce encore le caractère symbolique et identitaire du monument. La dernière restauration extérieure d'importance conduite par Bigot est celle du portail occidental, dont le tympan et le pilier central originels ont été supprimés en 1820. En l'absence de documents d'archives, leur restitution, en 1866-67, s'avère être une création du XIXe siècle, inspirée des portails des cathédrales de Reims, Nantes ou Rouen : à l'avant du pilier, est placé le Christ bénissant, foulant le dragon tandis que, dans le tympan, est réalisée une rose, insolite sur cette façade d'inspiration anglaise. Ce nouveau portail cause d'importantes modifications à l'intérieur de l'édifice où l'évêque Sergent fait remplacer, par une œuvre néoflamboyante, le soubassement de la tribune d'orgue daté du XVIIe siècle. La restauration intérieure la plus importante, envisagée dès 1840 mais réalisée en 1860, est la continuation, dans l'ensemble de l'édifice, de la galerie de quatrefeuilles, visible dans le chœur et dans une partie du transept, entre le triforium et les fenêtres hautes. Parallèlement, on procède au débadigeonnage des murs intérieurs mais au lieu de rétablir l'état primitif et de reproduire un décor en trompe-l'œil, les parements des murs et des voûtes sont mis à nu, dans l'idée qu'on se fait alors de l'atmosphère intérieure d'une cathédrale. La restauration récente du monument, au cours de laquelle a été adoptée la position inverse, contredit d'ailleurs l'imaginaire romantique de l'époque."

Plan de financement des travaux d'entretien / restauration :

(Informations à demander au propriétaire de la cathédrale : voir le SDAP).

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